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La psychosophie, un passeport pour l’au-delà ? La réponse de Patrice Brasseur

 

Dans cet article, je vous propose de nous écarter un peu du thème du blog consacré à l’au-delà, pour ensuite mieux y revenir, avec une vision élargie à la faveur d’un détour sur notre itinéraire. Détour par la psychosophie.

Il existe à l’heure actuelle beaucoup de moyens de recherche, de développement individuel, personnel, ou comme le dit Patrice Brasseur avec ironie, de développement impersonnel.

Patrice Brasseur est l’initiateur principal de la psychosophie, une école de vie animée également par Frédérique Larcher-Brasseur, Marc Mattina et Michelle Köttgen.

Patrice Brasseur

 

Qu’est-ce que la psychosophie apporte — peut-être — de nouveau, d’original ?

Il y a, nous dit Patrice Brasseur, trois grands axes autour desquels on pourrait regrouper pratiquement toutes les recherches existantes :

  1. La philosophie
  2. La spiritualité
  3. La psychologie

Il existe des écoles, nous apprend Patrice, où l’on réintroduit la philosophie pour les enfants. Il y a aussi les cafés philo pour les adultes, plus connus.

N’y a-t-il pas, dans la philosophie, quelque chose qui puisse permettre de répondre aux questions que l’on se pose ou de pouvoir progresser ?

Certains considèrent que c’est plutôt dans une démarche spirituelle que l’on va pouvoir trouver cela. Mais le domaine est vaste. Vers quoi s’orienter ?

Pour d’autres personnes, c’est beaucoup plus du côté de la psychologie que l’on se tourne. En effet, n’est-ce pas plutôt en nous que se trouve la solution ? Si l’on trouve une sorte d’harmonie intérieure, c’est peut-être là que va se révéler à nous quelque chose de l’ordre du sens de la vie, ne croyez-vous pas ?

Mais pourquoi choisir entre ces trois grands axes, qui sont en vérité inséparables ?

Une synthèse philosophie / spiritualité / psychologie

La psychosophie va se définir comme un point de rencontre, un carrefour, un point de jonction entre ces trois axes, ces trois voies.

Et il est intéressant de pratiquer ces trois voies ensemble.

  • La philosophie va être un moyen pour l’être humain de poser les grandes questions fondamentales, et d’étudier les principes et les lois qui régissent l’homme et l’univers.
  • La spiritualité va nous relier à notre esprit, et va chercher à établir l’unité chez l’homme et à étendre cette unité à son environnement et à tout.
  • Mais se relier ainsi va nous poser des problèmes psychologiques, car nous sommes apparemment divisés, avec le moi d’un côté, l’âme de l’autre, l’esprit d’un autre côté encore… Comment comprendre et assembler tous les aspects que nous sommes ?

Détaillons chaque axe, comme nous le propose Patrice :

L’axe de la philosophie

Si l’on considère considère que la philosophie pose la question du sens de la vie, il est bon de s’interroger au préalable sur la notion de sens. Or on peut recenser trois acceptions différentes du mot sens, ou plutôt trois façons d’envisager le sens de la vie et du monde :

La première acception du sens est le fondement, l’origine, ce sur quoi s’appuyer.

Identifier cette origine nous permettrait de dire : le monde a un sens parce que ” à l’origine, il y a cela “.

Il y a de nombreuses réponses possibles.

  1. Peut-être que l’origine, c’est Dieu ? disent certains.
  2. D’autres disent : l’origine c’est la nature, pas seulement la nature en tant qu’environnement, mais une nature universelle.
  3. Non, disent d’autres encore, le fondement premier, c’est l’amour.
  4. Mais ne serait-ce pas plutôt la raison pure ?

Dans cette première vision du sens, on cherche donc une valeur fondatrice.

Une deuxième vision du sens est celle de l’explication, de la logique, des lois.

Il s’agit de chercher des lois, de chercher comment fonctionne ce monde. Ce qui permettrait peut-être de faire l’économie de la question du fondement en tant que valeur fondatrice.

Le troisième “sens du sens du monde” est la direction : est-ce que le monde a un but ? Et d’où vient-il ?

Si l’on dit que le monde a pour valeur fondatrice Dieu, on dit aussi que Dieu a un dessein, ou des desseins, mais que les desseins de Dieu sont impénétrables.

D’autres philosophes ou penseurs ont considéré que la vie n’a pas de but, pas de direction, que la vie s’est développée par hasard et qu’elle n’aboutit à rien, comme Jacques Monod dans Le Hasard et la nécessité.

Si l’on revient à l’idée de développement, de transformation, la question du but reste capitale : je me transforme, nous nous transformons, mais pour aller où ? Vers quel but final ?

S’il n’y a pas de but final, toutes les directions sont bonnes.

Le Beau, le Vrai, et le Bien

La première acception du sens est liée à la branche de la philosophie qui traite des valeurs : l’esthétique. Elle est en relation avec notre sensibilité, qui nous fait placer telle valeur avant telle autre.

La seconde acception du sens, celle de l’explication et des lois, correspond à la branche de la philosophie qui traite de la connaissance ; elle s’apparente à l’épistémologie ou à la gnoséologie. Elle est relation avec notre mental.

La troisième acception du sens, celle de la direction, correspond à la philosophie morale, branche de la philosophie qui s’interroge sur ce qui peut conduire l’humanité vers le bonheur en tant que bien commun.

On peut résumer ces trois acceptions par trois concepts simples, qui datent de Platon : le Beau, le Vrai, et le Bien.

Si les courants philosophiques se sont multipliés, pense Patrice, c’est parce qu’ils se sont développés dans un seul aspect, parfois deux, mais pas les trois, alors qu’ils sont indissociables.

Et chacun d’entre nous, dans sa vie, pratique les trois :

  1. Qu’est-ce qui est vrai de ma vie ? Qu’est-ce que je comprends de ma vie ? Comment j’analyse ma vie et le monde ?
  2. Je ne vis pas qu’avec la compréhension, car j’ai des valeurs : est-ce que c’est la beauté, la vérité, l’intelligence, l’amour ?
  3. Comment est-ce que je combine valeurs et compréhension pour aller de l’avant de manière créatrice ? Et pour aller où ?

 

Distinguer le mental et l’intellect

L’intellect est la capacité de concevoir des rapports, entre toutes les connaissances à notre disposition. Quelqu’un qui excelle dans l’intellect sait faire des ponts extraordinaires entre tout ce qu’il a lu, appris et retenu et présenter cela d’une manière tout à fait convaincante.

Le mental, dans l’optique de la psychosophie, est ce qui permet de mettre en mots, en phrases, en idées, ce que nous vivons, dans notre vécu quotidien apparent, et dans notre vécu plus subtil, moins apparent, plus occulté.

Dans les ateliers de psychosophie, nous dit Patrice Brasseur, nous travaillons notamment sur le mental, un mental plus global que celui qui est lié à nos émotions, et qui permet de penser ensemble à partir de ce que nous vivons ensemble.

 

L’axe de la spiritualité

Le questionnement philosophique sur les valeurs fondamentales est-il déjà une démarche spirituelle ?

Certainement, nous dit Patrice Brasseur, car philosophie, spritualité et psychologie sont interdépendantes ; il y a de nombreuses passerelles entre elles.

Les écoles occidentales chrétiennes invitent l’être humain à rejoindre une valeur transcendantale, un Dieu transcendant, créateur de tout.

Les écoles orientales d’inspiration bouddhiste nous invitent plutôt à rejoindre un Dieu immanent, c’est-à-dire à l’intérieur de nous.

Jusqu’ici, la religion était l’art de relier l’humain à Dieu — ou à lui-même en tant que Dieu — dans ce qu’on peut appeler un mouvement ascendant.

Mais aujourd’hui, il s’agit plutôt de faire de l’être humain un médiateur entre Dieu et le monde des formes, ou le monde d’ici-bas, dans un mouvement descendant, et ensuite d’unifier les deux mouvements.

La solution n’est pas le paradis ni le nirvana. La solution n’est pas là-haut.

Elle n’est pas non plus dans le monde de la matière seulement, comme l’affirment ceux qui condamnent toutes les religions.

Les solutions sont plutôt dans la réconciliation des deux mouvements ascendant et descendant.

Et c’est ici que l’être humain a une responsabilité créatrice, celle de créer un paradis sur terre.

Tout comme dans le monde scientifique, une  personne engagée dans une démarche spirituelle est un chercheur, un cherchant. Elle cherche des valeurs fondamentales, elle cherche à comprendre ce qui fait force de loi, intérieurement.

Les scientifiques, en avançant dans la compréhension des lois du monde, créent toujours de nouvelles techniques et technologies.

Pourquoi les chercheurs de vérité intérieure devraient-ils rechigner à amener dans ce monde-ci leur découvertes ?

On retrouve ici le Beau, le Vrai et le Bien :

  • Le Beau, c’est-à-dire les valeurs : à quelles valeurs chacun de nous, en tant qu’âme, est-il relié ? Qu’est-ce que j’arrive à connecter ?
  • Le Vrai : c’est la compréhension des lois ésotériques et des correspondances entre le monde ésotérique et le monde physique. Cette compréhension n’est pas une croyance, elle passe par une vérification intérieure des hypothèses.
  • Le Bien (le but, le dessein) : il faut que nous-mêmes nous incarnions le But, et que nous le construisions à chacun de nos pas.

Les trois aspects doivent être pratiqués ensemble.

Mais en sommes-nous capables ? En suis-je capable alors que je suis dans une dualité ?

Je suis en effet dans une dualité, entre :

  1. Ma personnalité, moi, ma vie, mon bonheur. C’est cette partie de moi qui veut le bonheur, ou au moins résussir ma vie.
  2. Une autre partie de moi, qui est lien avec le collectif et qui perçoit la globalité et l’unité.

Comment avancer avec cette dualité ?

L’axe de la psychologie

Un premier courant est celui de la psychologie qui va examiner tout ce qui a été construit, noué, dans le passé de la personne. Ce courant a pris un essor considérable à partir de Freud et de sa création de la psychanlyse.

Un deuxième courant est celui qui considère que le mental et la volonté viennent à bout de tout : j’analyse comment je (dys)fonctionne, et avec la volonté, je décide de réorganiser mon fonctionnement et mes scénarios.

D’autres voient dans ces deux premiers courants une approche qui se limite au pathologique. Une fois que je vais bien, je vais où maintenant ? demandent-ils. C’est la voie des psychologies transpersonnelles.

Ne faudrait-il pas une psychologie intégrale, qui englobe les trois précédentes ?

Dans cette optique, la psychosophie propose de réaliser une individualité de groupe.

L’âme ne connaît pas l’individu, elle ne connaît que des ensembles, elle est une conscience d’organisme. Et jouer les gros organes pour s’insérer dans un organisme, ça ne sert pas à grand chose, nous dit Patrice Brasseur.

 

Dans la psychosophie, il n’y pas vraiment de frontières entre philosophie, spiritualité et psychologie.

La psychosophie, nous dit Patrice Brasseur, s’adresse à toute personne en quête de sens et qui cherche à s’initier à l’unité.

Pour aller plus loin

Vous pouvez consulter les sites des enseignements d’Alice Bailey et de l’Agni Yoga, sur lesquels la psychosophie s’appuie partiellement.

Et bien sûr les sites de la psychosophie,

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