Interrogations essentielles - FAQ

Mourir est-il douloureux ?

L’instant de la mort est-il nécessairement douloureux ?

 

Nous allons examiner dans cet article la question de la douleur que l’on peut ressentir au moment où l’on meurt.

Nous nous baserons pour cela sur un ouvrage de Robert Crookall (1890-1981), un géologue britannique qui, une fois à la retraite à partir de 1952, mena des investigations sur les expériences hors du corps.

Il compila des milliers de témoignages de personnes ayant vécu des expériences de sortie hors du corps, les répertoria en différentes catégories et publia plusieurs livres qui n’ont pas été traduits en français.

L’ouvrage auquel nous allons nous référer s’intitule The Supreme Adventure, Analyses of Psychic Communications :

Publié en 1961, cet ouvrage recense et examine des récits de trépas, obtenus par l’intermédiaire de médiums.

Voici comment Robert Crookall présente son ouvrage :

L’auteur considère que, par le biais d’analyses de communications de médiums (dont des exemples sont cités dans l’ouvrage), il est possible de percer le voile qui recouvre la mort et l’immédiat au-delà de celle-ci. De telles analyses ne suggèrent pas seulement la survivance, elles fournissent également un moyen d’envisager les conditions générales dans lesquelles nous survivons et nous permettent d’inférer les raisons pour lesquelles certaines expériences se déroulent à certaines étapes du processus de décorporation.

Robert Crookall a recueilli des témoignages lui-même, mais a aussi inclus dans son étude des témoignages recueillis par d’autres chercheurs de langue anglaise, qu’il cite systématiquement.

Voyons  plusieurs citations extraites des travaux de ces chercheurs et auteurs.

Dans ces citations, j’ai placé en caractères gras les passages relatifs à la question de la douleur, objet de notre réflexion.

1/ Caroline Rhys Davids

Robert Crookall présente par exemple cette citation de Caroline Rhys Davids (1857-1942), une traductrice spécialiste du pâli [langue des premiers textes bouddhiques], dans What is your will ? :

” Pendant une heure, en gros, avant que le cœur ne s’arrête, l’ “homme” aura quitté son corps mourant et se tiendra près de lui, ” enfermé ” dans l’autre corps émergé. Toute agitation de nature purement physique dans le corps mourant est purement ” réflexe “. L’homme n’en ressent rien “

2/ Jane Sherwood

Voici une affirmation qui va dans le même sens, extraite de The Country Beyond, de Jane Sherwood :

“Une grande partie de la souffrance apparente sur le lit de mort n’est pas ressentie… La vraie vie est déjà à moitié à l’écart du corps.”

Et voici le témoignage d’un trépassé recueilli par Robert Crookall lors d’une de ses nombreuses séances avec des médiums :

“La mort, qui semble si douloureuse à ceux qui la regardent, ne nous est pas douloureuse, pas plus que les convulsions du médium quand la transe arrive. L’âme, dans les deux cas, est chassée du corps : l’action du corps est simplement une action réflexe. L’âme peut regarder le corps mourir.”

 

Crookall affirme un peu plus loin que certaines des déclarations faites par ceux dont la mort a été imposée sont semblables à celles faites par les hommes qui sont morts naturellement

” p. ex. (1) ils ressentaient peu ou pas de douleur physique ; (2) la perte du corps ne provoquait qu’un coma passager, un “black-out”, etc. (3) le fait qu’ils avaient quitté définitivement le corps (” mort “) n’a souvent pas été réalisé pendant un certain temps ; (4) beaucoup ont vu leur propre corps ; (5) ils ont souffert de tout chagrin de la part d’amis encore incarnés ; (6) ils ne pouvaient pas faire en sorte que les  personnes vivantes non médium puissent les voir ou les entendre et (7) certains se sont tout d’abord demandé s’ils étaient en train de  rêver “

3/ Edward Randall

Voici une citation plus longue d’un texte de Edward C. Randall, Frontiers of the Afterlife (1923), qui décrit ce le passage d’un soldat :

“Je me suis réveillé d’un profond sommeil.

Déconcerté, je me suis levé et, regardant en bas, j’ai vu mon corps parmi tant d’autres sur le sol. Je me suis souvenu de la bataille, mais je n’ai pas réalisé qu’on m’avait tiré dessus. J’étais à l’écart, mais j’avais toujours l’impression d’être attaché d’une certaine façon au corps. Mon état de santé était terriblement agité ; comment se fait-il que j’étais en vie, que j’avais un corps et que je n’étais pas encore à l’écart de la couverture que je croyais constituer mon corps ? J’ai regardé autour de moi. D’autres parmi les morts apparents se déplacèrent. Puis beaucoup d’entre eux se levèrent et, comme moi, semblaient émerger de leur corps physique, car leurs formes étaient encore sur le terrain.

Bientôt, je me suis retrouvé parmi des milliers de personnes dans un état mental similaire : personne ne savait exactement ce qui s’était passé. Je ne savais pas alors, comme je le sais maintenant, que je possédais toujours un Corps d’Esprit et que le Corps Physique était seulement le vêtement qu’il portait dans la vie terrestre. Tandis que l’évanouissement de ce vieux corps est sans douleur, c’est une chose terrible de chasser un esprit fort d’un corps sain, de l’arracher à son enveloppe. Ce n’est pas naturel, et la sensation qui suit le réajustement est terrible.

” C’est une chose terrible de chasser un esprit fort d’un corps sain “

En peu de temps, je suis devenu plus à l’aise, mais j’étais encore déconcerté. Ce n’était ni le jour ni la nuit ; chez nous, tout était sombre. Quelque chose comme une atmosphère, sombre et rouge, nous enveloppait tous. Nous semblions nous entendre penser l’un l’autre. Bientôt, il y eut un rayon de lumière qui devint de plus en plus lumineux à chaque instant, puis un grand groupe d’hommes aux visages bienveillants vint et, avec des mots réconfortants, nous dit de ne pas avoir peur – que nous avions fait le grand changement, que la guerre pour nous était terminée…

Je ne vous dirai rien de la douleur qui accompagne cette réalisation, douleur pour ma femme. Son grand chagrin, quand elle a appris ce qui s’était passé, m’a lié à son état. Nous nous sommes affligés ensemble. Je ne pouvais pas progresser, ou trouver le bonheur, jusqu’à ce que le temps ait guéri son chagrin.

S’agit-il bien d’une mort dans la douleur ?

On voit ici que le passage à trépas est source de souffrance pour ce soldat, mais il s’agit d’une souffrance psychique : celle d’un homme qui se considère un esprit fort, dont le corps est en bonne santé : ” ce n’est pas naturel “, nous dit-il.

 

4/ Wellesley Tudor Pole

” Quelque chose a frappé fort… je suis tombé et je me suis retrouvé dehors ! Quel petit incident cette mort est !….Vous voyez quelle petite chose la mort est, même la mort violente de la guerre !… S’il y a un choc, ce n’est pas le choc de la mort physique.

Le choc arrive plus tard, à l’aube de la compréhension : ” Où est mon corps ? J’étais si peu mort que j’imaginais que j’étais encore [physiquement] vivant. J’avais été frappé par une étincelle d’obus. Il n’y avait pas de douleur….j’avais jeté mon manteau. Le manteau était mon corps. Je me sentais libre et léger. Je suis toujours dans une sorte de corps.

Après m’être remis du choc d’avoir réalisé que j’étais mort, j’étais au-dessus du champ de bataille. J’avais l’impression de flotter dans un brouillard qui étouffait le son et brouillait la vision. Tout était distant, brumeux, irréel.

[Comme il n’avait pas, jusqu’à présent, abandonné le ” véhicule de la vitalité “, sa conscience restait enveloppée et donc ” sub-normale “, tandis que son environnement était les conditions illusoires de l'” Hadès ” , note de l’auteur].

Je crois que je me suis endormi pour la deuxième fois [=un second coma momentané, la ‘seconde mort’, due à la perte du ‘véhicule de la vitalité’, autre note de l’auteur]. Enfin, je me suis réveillé [dans le corps sans linceul de l’âme]. Je suis vivant….’La vie’ est étrangement similaire à la vie terrestre. “

Dans ce récit de W. Tudor Pole extrait de Private Dowding, on voit que l’opinion du soldat trépassé diffère de celle du soldat précédent sur le plan du vécu émotionnel, mais reste similaire sur le plan de l’expérience physique de l’instant du passage : l’instant du passage peut être traversé sans douleur physique : ” S’il y a un choc, ce n’est pas le choc de la mort physique “, nous dit ce deuxième soldat.

5 / Hereward Carrington

” On m’a soudainement tiré dessus. Je n’ai ressenti aucune douleur. J’ai bien regardé mon corps. Je ne pouvais pas m’en détacher immédiatement. Je l’ai accompagné quand il a été emporté par des brancardiers. “

Cette citation est empruntée à l’ouvrage ci-dessous, de Hereward Carrington (1880-1958), un chercheur américain en parapsychologie, auteur extrêmement prolifique ayant publié plus de cinquante ouvrages.

 

6/ Lilian Walbrook

Je n’ai rien senti, seulement un vilain coup, et je me suis tourné à la recherche de l’homme qui m’avait frappé. N’en sachant pas plus, je me suis endormi. Puis j’ai vu beaucoup de mes amis qui me souriaient. Un frère officier tendit la main en disant : ‘Viens, mon vieux !’ J’ai pris sa main et j’ai su que j’étais passé là où la guerre n’est plus… Les choses me semblaient familières. Beaucoup d’endroits que j’avais souvent visités dans mes rêves…”

7/ Geraldine Cummins (1890-1969)

” Ils ne doivent pas penser que j’ai vraiment souffert… Je ne pouvais pas sentir les commandes, mais j’étais toujours en vol. C’était terriblement bizarre, pas de douleur et toute cette noirceur. Soudain, elle s’est soulevée et j’ai vu que je flottais dans ce qui semblait être de l’espace sans parachute. J’ai vite rencontré des gens qui m’ont dit que j’avais survécu dans une autre vie. “

Cette citation est tirée de Mind in Life and Death (1956)

Voici un autre exemple de mort d’un pilote d’avion en vol, extrait d’un autre ouvrage de Geraldine Cummins, Unseen adventures (1951).

” Nigel, tué dans un avion, n’avait aucun souvenir de douleurs d’agonie. Il a vu “une lueur de lumière” et a ensuite “pensé qu’il descendait un tunnel sombre “.

8/ Stanley Bedford

Le communicateur de S. Bedford a déclaré : “Pour comprendre ce qui arrive aux personnes tuées subitement par un accident, il faut réaliser deux choses.

Tout d’abord, qu’au moment même de la mort, tout se passe à une vitesse fulgurante, parce que l’âme passe dans un monde dans lequel nous nous déplaçons sur une vibration beaucoup plus élevée.

Deuxièmement, que notre conscience en tant qu’âme est très en avance sur notre conscience physique. Ainsi, lorsque la mort instantanée survient par un accident, l’âme est consciente de ce qui va se passer une fraction de seconde avant que l’impact ne se produise, et quitte le corps.

L’âme étant partie, aucune douleur n’est ressentie. En cas de mort subite, nous ne perdons pas conscience parce que l’âme a déjà quitté le corps.

Un soldat, par exemple, recevant une balle dans le cerveau, ne sentirait rien, mais se trouverait en train de regarder ce qu’était son corps il y a une seconde.

Ces transitions soudaines semblent tragiques et affreuses pour le spectateur, mais pour la personne qui vient de mourir, la mort est toujours merveilleuse.”

Stanley Bedford ajoute également ceci, en parlant de mort naturelle, ainsi que de mort forcée : ” Les mouvements convulsifs du corps que l’on voit souvent à la mort ne touchent en rien l’âme ; ils ne sont que les reflets extérieurs de la réaction du système nerveux lorsque l’Esprit quitte le corps. Même si le corps est convulsif, notre vrai soi [l’âme] a déjà quitté le corps et nous ne ressentons donc rien. Ce simple fait doit être compris “, insiste Stanley Bedford.

Death - an Interesting Journey

 

9/ Le point clé

Revenons à Caroline Rhys Davids, premier auteur que nous avons mentionné au début de cet article.

Robert Crookall nous présente cette citation :

” Le fils aviateur de Mme Rhys Davids, dont l’avion avait été frappé, a communiqué avec elle et lui a assuré qu’il n’avait pas souffert en mourant. Sur la base des nombreuses communications qu’elle a reçues par la suite, de la part de ceux qui ont subi une transition forcée, Mme Davids a déclaré :

“Même quand la mort a été apparemment moins instantanée, comme dans la noyade, la pendaison, la brûlure, etc., on m’a dit la même chose : ils n’ont ressenti aucune lutte ni aucune douleur.”

Et d’ajouter : “Il semblerait qu’une fois l’appel lancé, l’homme n’est pas laissé dans le corps pour lutter pour la vie, mais qu’il en émerge, laissant la lutte purement mécanique. La lutte de l’homme n’a lieu que lorsque la période de la mort doit être évitée”

Les informations reçues par Mme Davids, écrit Robert Crookall, concordent avec les descriptions individuelles de la mort par noyade, etc., qu’il a examinées et illustrées dans la troisième partie de son livre : “Je n’ai eu aucun sentiment de détresse après avoir abandonné la lutte…”.

Un point clé semble ainsi se dégager de cette dernière analyse :

Il n’y a pas de douleur, ou quasiment pas, pourvu que la personne accepte de mourir. Il n’y a douleur que si la personne lutte pour rester dans son corps physique.

Vous pourrez retrouver ce point clé corroboré dans l’ouvrage suivant de Georges Barbarin, dont le titre est très explicite à ce propos :

Je parle de cet ouvrage dans un autre article de ce blog : ma chronique de Les morts nous parlent.


Votre regard sur l’instant de la mort a-t-il changé à la lecture de cet article ? Dites-le moi dans les commentaires, un peu plus bas, dans la section prévue à cet effet. Je vous répondrai avec plaisir.

Et si vous aimez, dites-le aussi en partageant à l'aide des boutons ci-dessous !
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En laissant votre commentaire, vous acceptez la Politique de confidentialité et cochez à cet effet la case ci-dessous.

Recevez gratuitement le livret "Comment accompagner un proche dans l'au-delà".