Cycle d'étude,  Retours à la Terre

Retours à la Terre (4/9) – neuf histoires d’incarnation

Avec un peu d’avance sur notre programme initial, je vous propose dans cet article le quatrième épisode de notre cycle, entamé il y a trois mois, de récits d’incarnation d’âme, extraits de l’ouvrage suivant de Marie Bolduc, aux Editions du Dauphin Blanc :

Retours à la Terre - 9 histoires d'incarnation

Comme je vous l’ai annoncé lors du premier épisode, notre cycle s’étend sur neuf mois, au rythme d’un récit par mois.

— Retours à la Terre —

4e mois de grossesse : le besoin de tout planifier

À l’instar de l’épisode 1 et de l’épisode 2, je vous propose celui-ci sous forme d’un podcast.

Si vous souhaitez néanmoins pouvoir avoir accès au texte du récit que vous allez entendre, vous le trouverez un peu plus bas dans cet article.

 

Voici le podcast de ce quatrième récit :

Cliquez sur Play (le petit triangle blanc) pour écouter ce podcast [après vous être assuré que vous avez bien mis le son sur votre appareil] ou cliquez sur “Télécharger” afin de pouvoir l’écouter plus tard, par exemple sur votre smartphone.


 

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Voici le texte du récit :

Une poussée soudaine et forte m’avait précipitée hors de mon corps et propulsée dans une ascension vertigineuse. Je ressentais l’imminence d’une nouvelle rencontre. Je me souviens avoir regretté ne pas avoir le temps d’admirer les paysages qui défilaient à une vitesse inouïe. Puis un arrêt brusque me plaça sur le sommet d’une montagne duquel j’avais une vue splendide. Je me déplaçai lentement, guidée par mon intuition, sachant très bien que quelque chose allait se produire.

Puis sur ma droite, je repérai une grotte. Je me sentais attirée vers cet endroit et je suivis cet appel. À l’intérieur, une étrange lumière omniprésente, mais de faible intensité, laissait les lieux dans une demi-obscurité. Du fond de la grotte, Marie-Josée s’approcha, plus solennelle qu’à l’habitude. Elle resta silencieuse mais pointa un des murs de la grotte. Je fixai cet endroit et soudain des scènes maritimes s’animèrent, comme sur un écran invisible.

Un grand bateau, un immense voilier en fait, tanguait sur une mer noire et agitée. Les marins criaient et tentaient de reprendre le contrôle d’un navire en perdition. Le capitaine, un homme grand et fier, cachait mal sa peur et son angoisse. La tempête faisait rage puis une vague impressionnante et terrifiante submergea le navire qui coula, entraînant dans la mort le capitaine et son équipage. Je vis le navire toucher le fond de la mer. Puis l’image de l’épave gisant toujours au même endroit, apparut. Et, plus rien. L’écran s’était dissipé.

Je regardai Marie-Josée, cherchant une explication à cette scène.

Du fond de la grotte, un homme s’avança et s’immobilisa aux côtés de Marie-Josée. Je reconnus le capitaine du navire qui coula. Il était beau, fier, grand, de forte carrure, et il avait les yeux bleus, aussi bleus que l’océan. Une aura illuminait le contour de son corps. Il était si agréable à regarder, dans son bel uniforme de marin d’une autre époque.

— Je suis Fabrice, du nom de mon ancienne vie, mais je serai connu sous le nom de Gilbert lors de ma prochaine incarnation, me dit-il sérieusement.

Je le saluai et me présentai à mon tour. Il me précisa qu’il savait qui j’étais et le travail que j’avais entrepris. À la demande de Marie-Josée, il avait accepté de me rencontrer et de me livrer les détails de l’expérience qu’il vivait actuellement.

— Est-ce un extrait de l’une de vos vies passées que j’ai pu visionner auparavant ?

— Oui, la dernière précisément. J’étais un navigateur, un bon navigateur. Mais je me suis laissé surprendre par la mer. Elle a englouti mon navire et mes hommes. Je suis responsable de leur mort. Ce fut mon erreur… une erreur que je ne me suis pas pardonnée.

— Pourquoi me l’avoir fait visionner ?

— Pour vous faire comprendre à quel point cette séquence influence toute ma future incarnation.

Je reviens me pardonner mais aussi pour me racheter auprès de ceux que j’ai entraînés dans la mort.

Je serai encore un navigateur, car mon âme est imprégnée de la mer. Mais je serai avant tout un constructeur de bateau. J’opérerai un chantier naval que mon père me laissera en héritage. Beaucoup d’hommes de mon ancien équipage seront employés à ce chantier. Par mes connaissances et mes compétences, je conduirai l’entreprise au succès, assurant à mes hommes un travail régulier et bien rémunéré. Après les avoir conduits à la mort lors de ma vie passée, je leur permettrai de bien vivre durant la prochaine incarnation.

Il m’apparaissait sûr de lui, solide et droit, presque prétentieux. Mais je le sentais si blessé au fond de son âme. La culpabilité qu’il traînait depuis le naufrage était presque palpable et assombrissait cet être magnifique.

— Je me suis fait la promesse, poursuivit-il, de réussir ma prochaine séquence terrestre. Ainsi, je vais guérir du passé et le reléguer aux oubliettes.

Je comprenais qu’il se sentait injustement responsable.

— Vous vous êtes jugé peut-être trop sévèrement…

Il ignora ma remarque, reprenant son discours :

— Je retrouverai une réputation enviable en occupant un rang de prestige dans la société. Je naîtrai dans une famille riche et je serai l’unique héritier de cette fortune que je saurai faire fructifier.

Il se tenait toujours aussi droit et immobile aux côtés de Marie-Josée, curieusement silencieuse.

— Croyez-vous y parvenir ?

— Je ne me permets pas l’échec pour cette prochaine incarnation.

— N’ajoutez-vous pas alors une difficulté supplémentaire à votre vie ?

— Je n’aime pas la facilité. Elle n’apporte rien et ne permet aucune évolution. Sachez, Marie, que je me suis préparé longuement pour cette incarnation. Peu d’âmes se préparent avec une telle minutie pour leur renaissance. J’ai bien étudié les détails, j’ai précisé mes buts et j’ai mis tout le temps nécessaire à réunir les conditions terrestres désirées. Selon le temps de la Terre, j’ai mis plus de huit ans de préparation après ma décision de retour.

— Avez-vous vraiment tout planifié ? demandai-je, intriguée, croyant plus à une illusion de sa part.

— Oui, à quelques détails près. J’aurai des enfants, mais le nombre n’est pas défini. Par contre, je suis assuré que l’un d’eux prendra la relève et deviendra mon successeur. Mon épouse est également choisie.

— Et vos parents aussi, j’imagine…

— Évidemment ! Ce fut d’ailleurs très long et ardu. La réunion des conditions précises d’incarnation d’une âme par l’entremise de deux êtres demeure un grand mystère pour moi. Mais je sais que la précision et la netteté des objectifs d’une âme en sont la clé.

— Votre dernière incarnation date de longtemps ?

— Précisément soixante-quinze ans.

— Et où reviendrez-vous ?

— Au Canada, votre pays, non loin de l’eau.

— Pourquoi le Canada ?

— Deux raisons évidentes. La première, mon père y installera son entreprise. La seconde, ce pays offre tout ce qu’il me faut : éducation, proximité de l’eau, carrière maritime possible et peu de catastrophes.

Fabrice répondait sans détour, allant droit au but, à l’image de sa prochaine vie.

— Avez-vous assisté à la conception du fœtus ?

— Certainement, c’était trop important pour que je n’y assiste pas, même si je doute y avoir réellement participé. Durant quelque temps, je me suis senti coincé, comme emprisonné. Tout était sombre et indéfini. Rapidement, je suis revenu à cette grotte, qui est pour moi comme un asile de silence et de paix, comme le fut la mer jadis pour mon corps.

— Êtes-vous concerné par vos parents ?

— Oui, je suis souvent avec eux, de plus en plus, je dirais. Mon père est passionné par son travail, tout comme je le serai. C’est un combattant, il n’abandonne jamais. Je ressens sa fierté et son bonheur d’être père. Il fonde des projets pour moi. Je me projette parfois en eux. Je les endosse, je les vis en rêve. C’est pour moi qu’il bâtira son empire maritime. Je ne le décevrai pas. Ma mère est sage et posée. J’ai une haute opinion d’eux. Ils ne sont pas parfaits, mais ce sont des êtres en évolution. Ce seront de nouveaux liens que nous créerons dans cette vie.

Il fit une pause, me regarda et reprit, toujours aussi déterminé :

— Plus les mois avancent, plus je suis présent à ce fœtus et à ma famille. Je sens la vie envahir ce petit corps qui se développe. Parfois, j’arrive à lui insuffler quelques mouvements, mais je n’en ai pas la maîtrise. Mon apparence physique sera différente de celle que vous voyez actuellement. Mes gènes seront différents. Je viens d’une autre lignée. Mais j’aurai fière allure tout de même. Mon âme ne saurait vivre autrement.

— Vos parents planifiaient-ils d’avoir des enfants ?

— Ma mort fut un accident, je ne voulais pas que ma conception en soit un. Ils désiraient avoir des enfants et l’avaient planifié, sans trop de précision, dois-je cependant avouer. L’important était d’être conçu dans l’amour, et ce fut ainsi. C’est une bonne partance dans la vie, non ?

Je répondis affirmativement par un sourire.

— Votre mère craint-elle l’accouchement ?

— Elle craint la souffrance. Mais elle prie et s’en remet à Dieu. Et puis, la joie de me sentir bouger en elle lui fait oublier l’aboutissement inévitable dans 5 mois.

— Avez-vous conscience du temps justement ?

— Pas toujours. Parfois je me sens seul et je ressens le temps qui passe. À d’autres moments je me laisse porter par cette nouvelle vie et tout me semble suspendu, hors du temps. Et puis qu’est-ce que le temps ? Est-ce une illusion ? Tout n’est-il pas illusion ? Ai-je la vie… ai-je été créé ou est-ce un rêve de l’âme ? Tout cela s’embrouille parfois. Mes guides me disent que mon intégration au fœtus cause cette incertitude, ce sentiment de confusion. Cela me déplaît, mais je n’y peux rien. Pourtant, j’ai une vision intérieure très nette de ma future existence, du moins comme je le conçois. J’ai conscience de ce que je vis. Mais j’ai l’impression que la gestation est un chemin m’éloignant de mes souvenirs d’âme.

Il s’arrêta un instant, puis se ressaisit.

— Il me faut être patient. Je me sais entre deux mondes. Je dois avoir confiance en mon destin.

Sur ces mots, il s’avança jusqu’à moi et prit mes mains dans les siennes.

— Au revoir, Marie. Vous avez toute mon affection.

Je lui souris pour le remercier de son partage. Je le regardai dans les yeux et j’eus la curieuse impression d’avoir déjà vécu auprès de cette âme. Il se retourna et disparut au fond de la grotte. Je jetai un regard à Marie-Josée et je lui signifiai ma curiosité face à son silence.

— Cette âme est autonome, me répondit-elle. Cette rencontre était pour elle une image de e que sera sa vie : il agira par lui- même, en contrôle et en force. J’ai seulement respecté son désir d’autonomie.

Maintenant, ajouta-t-elle, il te faut retourner auprès des tiens. Retrouve ton corps endormi et repose-toi pour la prochaine rencontre.

Je bafouillai quelques mots pour la saluer et la remercier, mais déjà le retour m’avait prise dans sa spirale et je plongeai vers le sommeil.


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