Arthur Powell - Le corps astral

La vie post-mortem astrale : généralités

« On ne saurait trop insister sur le fait qu’il ne se produit aucun changement brusque dans l’homme à sa mort. Au contraire, il reste après la mort exactement le même qu’avant, sauf qu’il n’a plus de corps physique. Il a le même intellect, le même caractère, les mêmes vertus et les mêmes vices ; la perte du corps physique ne fait pas de lui un autre, de même que le fait de quitter son pardessus ne suffit pas à le transformer. Bien plus, les conditions dans lesquelles il se trouve alors sont celles qui ont été créées pour lui par ses propres pensées et désirs. Il n’y a aucune espèce de récompense ni de punition d’origine extérieure, mais simplement le résultat de ce qu’il a fait, dit et pensé pendant qu’il vivait dans le monde physique. À mesure que nous avancerons dans l’étude de la vie astrale après la mort, nous verrons que la réalité correspond avec beaucoup d’exactitude à la conception catholique du purgatoire, et à l’Hadès des Grecs.
L’idée poétique qui fait de la mort l’égalisatrice universelle est une absurdité créé par l’ignorance, car en réalité, dans la majorité des cas, la perte du corps physique ne produit aucun changement dans le caractère ou l’intellect de l’homme, et il y a une aussi grande diversité d’intelligences parmi les soi-disant morts que parmi les vivants. Ceci est le premier et le plus important des faits qu’il faut connaître : après la mort il n’y a pas une vie étrange et nouvelle, mais une continuation, dans les conditions différentes, de la vie actuelle sur le plan physique. Et ceci est tellement vrai que lorsque l’homme arrive sur le plan astral après la mort physique, ils ne se rend pas toujours compte qu’il est mort ; et même s’il comprend ce qui vient de lui arriver, il n’est pas toujours capable de comprendre en quoi le monde astral diffère du monde physique.
Dans certains cas, les gens considèrent le fait qu’ils sont encore conscients comme une preuve absolue qu’ils ne sont pas morts ; et cela en dépit de la croyance tant vantée à l’immortalité de l’âme.

Si l’homme n’a jamais entendu parler du plan astral auparavant, il est facilement surpris par les conditions totalement inattendues dans lesquelles il se trouve. Finalement, il accepte ces conditions qu’il ne comprend pas, pensant qu’elles sont nécessaires et inévitables. En examinant ce nouveau monde, au premier abord, il ne voit généralement pas une grande différence, et il peut se croire encore dans le même monde qu’avant. Comme nous l’avons vu, chaque degré de matière astrale, est attiré par le degré correspondant de matière physique. Par suite, si nous imaginons le monde physique totalement supprimé, sans aucun autre changement, il nous reste une reproduction exacte du monde physique dans la matière astrale. L’homme qui est sur le plan astral voit donc encore les murs, l’ameublement, les personnes, etc., auxquels il était habitué, aussi nettement dessinés qu’autrefois, dans la matière astrale la plus dense. Pourtant, s’il examine les objets attentivement, il s’aperçoit que leur particules sont visiblement en mouvement rapide, tandis que sur le plan physique ce mouvement est invisible. Mais comme peu de gens observent attentivement, le plus souvent les hommes qui viennent de mourir ne s’aperçoivent pas tout d’abord du changement. Aussi, beaucoup d’entre eux, spécialement en Occident, ont peine à croire qu’ils sont morts, tout simplement parce qu’ils peuvent encore voir, entendre, sentir et penser. Ils comprennent graduellement, lorsqu’ils se rendent compte que, voyant leurs amis ils ne peuvent pas toujours communiquer avec eux. Quelquefois, ils leur parlent et ils ne semblent pas les entendre ; ils essaient de les toucher et ils s’aperçoivent qu’ils ne peuvent faire aucune impression sur eux. Ils peuvent même pendant quelque temps croire qu’ils rêvent, car lorsque leurs amis sont endormis, il est encore possible de communiquer avec eux comme auparavant ».

Arthur E. Powell

« Par degrés l’homme commence à comprendre les différences qui séparent sa vie actuelle de celle qu’il menait dans le monde physique. Par exemple, il découvre très rapidement que toute douleur et toute fatigue ont disparu. Il s’aperçoit aussi que dans le monde astral, désirs et pensées s’expriment en formes visibles, bien que celles-ci soient faites principalement de la matière la plus fine du plan. À mesure que sa vie se déroule sur le plan astral, ces formes deviennent de plus en plus visibles pour lui.

De plus, bien que l’homme sur le plan astral ne puisse pas voir habituellement les corps physiques de ses amis, il voit leurs corps astraux et, par suite, il connaît leurs sentiments et leurs émotions. Il n’est pas toujours capable de suivre dans le détail les événements de leur vie physique, mais il est conscient des sentiments tels que l’amour ou la haine, la jalousie ou l’envie, qui s’expriment à travers les corps astraux de ses amis.

Ainsi, bien que les vivants supposent souvent qu’ils ont « perdu » le mort, celui-ci n’a jamais l’impression d’avoir perdu les vivants.

Un homme qui vit dans son corps astral, après la mort, est plus facilement et plus profondément influencé par les sentiments de ses amis restés sur le plan physique que lorsqu’il était encore sur la terre, car il n’a plus de corps physique pour atténuer ses perceptions.

L’homme ne voit pas habituellement la totalité de la contre-partie astrale d’un objet, mais seulement la portion qui appartient à au sous-plan sur lequel il se trouve à ce moment.

Bien plus, l’homme ne reconnait pas toujours avec certitude la contre-partie astrale d’un corps physique. Il lui faut en général faire de nombreuses expériences avant de pouvoir nettement identifier les objets, et chaque tentative qu’il fait dans ce but est le plus souvent vague et incertaine. […]

Fréquemment, comme il ne comprend pas qu’il est libéré de la nécessité de travailler pour gagner sa vie, l’homme continue après sa mort à préparer et à consommer des repas créés entièrement par son imagination, ou même à se construire une maison pour l’habiter. On connaît un cas où l’homme construisit lui-même une maison, pierre par pierre, chacune d’elles étant créée séparément par sa pensée. Il aurait pu, évidemment sans faire un plus grand effort, créer la maison entière d’un seul coup. Au cours de son travail, il s’aperçut que les pierres n’avaient pas de poids, et ce fait le conduisit à penser que les conditions de vie étaient différentes de celles du monde physique, et à pousser plus loin ses investigations.

De la même manière, un homme pour qui la vie astrale est nouvelle, peut continuer à entrer dans les maisons par la porte, sans comprendre qu’il pourrait aussi facilement passer à travers le mur. Pour la même raison, il peut marcher sur le sol alors qu’il pourrait aussi bien flotter dans l’air.

Un homme qui vient d’acquérir pendant sa vie terrestre la connaissance des conditions générales de la vie astrale, soit par la lecture, soit de toute autre manière, se trouve naturellement plus à l’aise, et il sait aussitôt comment s’y prendre.


L’expérience a montré que la seule étude intellectuelle des enseignements occultes à ce sujet est d’une grande utilité pour l’homme à sa mort, et que le seul fait d’avoir entendu parler des conditions de la vie astrale est également utile, même si l’homme a considéré ces choses comme des hypothèses. Pour ceux qui, moins favorisés, n’ont pas acquis cette connaissance du monde astral, la meilleure attitude est d’envisager les choses avec confiance, de s’efforcer d’observer la vie qui se présente à eux, et d’en déduire quel usage ils en peuvent faire. De plus, ils feraient bien de consulter un ami expérimenté ».


Kamaloka

« Les conditions de vie qui sont décrites ci-dessus se rapportent au Kamaloka, c’est à dire au monde de Kama ou du désir, les Limbes de la théologie scolastique [NDLR : la théologie scolastique est un courant médiéval qui tente de concilier la philosophie grecque antique avec la théologie des Pères de l’Église] . Kamaloka est une région peuplée d’entités intelligentes ou semi-intelligentes. On y trouve des êtres vivants de tous les types et de toutes les formes, aussi différents l’un de l’autre que le brin d’herbe est différent du tigre, et celui-ci de l’homme. Il y a beaucoup d’autres entités vivantes en plus des humains décédés. Ce monde interpénètre le monde physique, mais comme les états de la matière sont totalement différents, les entités de chacun d’eux ne sont pas conscientes de celles de l’autre. La conscience de la présence des habitants de l’autre monde ne peut apparaître que dans des conditions anormales.

Ainsi, Kamaloka ne constitue pas un lieu séparé ; il diffère du reste du plan astral par les conditions de conscience des entités qui y appartiennent, celles-ci étant des êtres humains qui ont quitté leurs corps denses et éthériques, mais qui ne sont pas encore libérés de Kama, c’est à dire la nature passionnelle et émotionnelle. Cet état est aussi appelé Pretaloka, un preta étant un être humain qui a perdu son corps physique mais qui est encore encombré de sa nature animale.

La condition de Kamaloka existe sur chaque subdivision du plan astral.

Beaucoup de gens qui viennent de mourir commencent d’abord par se trouver dans des conditions fort désagréables, et quelques-uns d’entre eux sont la proie d’une véritable terreur. Quand ils rencontrent les formes-pensées créées par eux et leurs semblables depuis des siècles (pensées de démon personnel, de déité coléreuse et cruelle, de punition éternelle) ils sont souvent dans un état pitoyable de terreur intense, et il se peut qu’ils supportent une longue période de souffrance avant de se libérer de l’influence désastreuse de ces conceptions insensées.
Toutefois, il faut noter que ce mal présente sa forme la plus grave seulement dans les communautés protestantes. L’Église catholique romaine, avec sa doctrine du purgatoire, approche beaucoup plus de la conception exacte du plan astral, et ses membres comprennent en général que l’état dans lequel ils se trouvent peu après la mort est temporaire et qu’il leur appartient de s’efforcer de s’élever au-dessus de cet état par une aspiration spirituelle intense. De plus ils acceptent les souffrances, s’ils en éprouvent, comme nécessaires à l’amélioration de leur caractère avant de pouvoir passer dans des sphères plus élevées.
Ainsi, nous voyons que dans la plupart des cas, les religions n’ont pas enseigné à leurs membres ce qui les attend après la mort et comment ils doivent vivre sur le plan astral. Par suite, les morts ont besoin de beaucoup d’explications sur le nouveau monde dans lequel ils se trouvent. Mais après comme avant la mort, il y en a peu qui aient une compréhension intelligente du fait de l’évolution, et qui, se rendant compte de leur situation, savent en tirer le meilleur parti. […] Sur le plan astral comme sur le plan physique, les ignorants profitent difficilement des avis ou des exemples des sages.

Pour un homme qui, avant de mourir physiquement, a appris quelles sont les véritables conditions de la vie sur le plan astral, l’une des caractéristiques les plus agréables de cette vie est l’absence de fatigue et la libération de ces nécessités impérieuses telles que manger et boire qui sont le fardeau de la vie physique. Sur le plan astral, l’homme est véritablement libre de faire ce qu’il veut de passer son temps comme il l’entend.


Comme il a été dit plus haut, un homme qui est mort physiquement se retire en lui-même d’une façon continue. La totalité du cycle de la vie et de la mort peut être représentée par une ellipse dont la portion inférieure seule passe dans le monde physique.[…]

Ainsi, chaque incarnation physique peut être regardée comme une descente de l’ego [NDLR : ici l’ego désigne l’âme, c’est à dire la partie constitutive essentielle de l’être humain, et non le comportement égotique], dont l’habitat est la partie supérieure du plan mental, sur les plans inférieurs. […]

La fraction de vie passée sur le plan astral après la mort fait donc partie du retour vers l’égo. Pendant la dernière partie de la vie physique, les pensées et les intérêts de l’homme doivent être de moins en moins dirigés vers les choses purement physiques ; de même pendant la vie astrale, il doit accorder de moins en moins d’attention à la matière astrale inférieure dont sont formées les contreparties des objets physiques, et s’occuper de la matière supérieure, dont sont faites les formes-pensées et les formes-désirs. Cela ne veut par dire qu’il change de place (bien que cela soit partiellement vrai […]) mais qu’il s’intéresse à de nouvelles activités. La contrepartie du monde physique qu’il vient de quitter disparaît graduellement à sa vue, et sa vie se passe de plus en plus dans le monde de la pensée. Ses désirs et émotions persistent encore, et par suite de la facilité avec laquelle la matière astrale obéit à ses désirs et à ses pensées, les formes qui l’entourent sont dans une large mesure l’expression des ses propres sentiments, dont la nature détermine le bonheur ou le malheur de sa vie. […]


Il est nécessaire de mentionner ici, pour la clarté su sujet, que la vie astrale est principalement une étape intermédiaire dans le cycle complet de la vie et de la mort, étape dont le but est la préparation à la vie sur le plan mental.

Comme nous l’avons vu, peu après la mort, le corps astral est mis en liberté : ceci s’exprime au point de vue de la conscience en disant que Kama-Manas est libéré. À partir de ce moment, la portion de Manas inférieur qui n’est pas inextricablement liée à Kama, se libère progressivement, emportant avec elle celles de ses expériences qui peuvent être assimilées par le corps mental supérieur.

En même temps, la portion de Manas inférieur qui reste liée à Kama donne au corps astral une conscience quelque peu confuse, et une mémoire défectueuse de la vie qui vient de se terminer. Si les émotions et les passions étaient puissantes et en même temps l’élément mental faible, le corps astral est puissamment vivifié et persiste pendant longtemps sur le plan astral. Il manifeste aussi une conscience très étendue à cause de la matière astrale qui y est liée. Si, au contraire, la vie terrestre qui vient de finir était caractérisée par la pureté et l’activité mentale plutôt que par la passion, le corps astral est peu vivifié, il constitue un pâle sosie de l’homme, et il se désagrège, puis meurt rapidement ».

Arthur E. Powell, Le corps astral, Ed. Adyar, pp. 130-137

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2 Comments

  • Legaz

    Le corps astral est peu vivifié,il constitue un pâle sosie de l’homme,et il se désagrège,puis meurt rapidement..,? Est ce à dire que l’homme meurt une seconde fois dans le plan astral.? Alors ce qui veut dire que de rien que nous sommes,nous sommes moins que rien…

  • Jerome Choisnet

    Bonjour à vous,
    l’article que je viens de publier apportera probablement des éléments de réponse à votre question, ainsi que les prochains articles.
    On peut affirmer, comme vous l’écrivez, que l’homme meurt une seconde fois, dans le plan astral : il s’agit de la décomposition, ou plutôt restitution du corps astral au plan correspondant. Mais loin de signifier que « nous sommes moins que rien », cette seconde mort permet à l’âme que nous sommes de suivre les étapes suivantes vers elle-même, comme décrit dans l’article sur le Dévachan. Et l’âme est notre nature essentielle, fondamentale, qui rayonne de Lumière, d’Amour et de Volonté de bien.
    Cordialement,
    Jérôme Choisnet

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