Sagesse de l'âme

S’entraîner à mourir avec la psychosophie

Apprivoiser la mort par la sagesse de l’âme (2/2)

— Comment s’entraîner à mourir en décelant les cycles de vie

 

Cet article est la suite de l’article Apprivoiser la mort par la sagesse de l’âme (1/2), que je vous invite à lire si vous ne l’avez pas déjà fait.

 

S'entraîner à mourir en décelant les cycles de vie

 

Nous avons vu, à la fin de l’article Apprivoiser la mort par la sagesse de l’âme (1/2), que les maîtres de sagesse nous annoncent que la mort va peu à peu cesser totalement d’être crainte.

Bien, quelle nouvelle !

Mais pour le moment, nous n’en sommes pas là… Nous craignons toujours la mort…

Comment faire pour s’entraîner à mourir ?

Nous avons la possibilité, tous les jours, de nous confronter à la notion de cycle, chaque cycle ayant des phases et des angles mort/naissance.

Nous devons réaliser que, dans notre vie terrestre, chaque fois que nous sommes dans la Vie, dans la conscience, cette conscience se développe à travers des expériences dans le monde des formes, car les formes sont indispensables au développement de la conscience.

Qu’est-ce qu’on entend par le monde des formes ?

Les formes, c’est une façon de désigner le monde tel qu’il se manifeste : ce n’est pas seulement la forme de mon corps physique, c’est mon lieu de naissance, mes parents, ma famille, toutes mes relations, mes loisirs, mon métier, mais aussi ce que je lis, ce que je comprends, tout ce que je fais et vis, tout ce que nous faisons et vivons…

Notre personnalité peut décider d’élaborer certaines formes : par exemple, je vais choisir tel métier, je vais l’exercer, et puis j’arrêterai de l’exercer.

C’est la même chose en ce qui concerne des loisirs, une relation humaine, un couple : je commence quelque chose, je le vis, puis j’arrête, je cesse de le vivre.

S’entraîner à la mort, c’est donc s’entraîner au déroulement du cycle, avec un début, une phase active, une fin.

Autrefois, toutes les formes avaient à peu près la même durée que notre vie :

on naissait, vivait et mourait dans la même maison, on faisait le même métier toute sa vie, on vivait avec le même conjoint toute sa vie…

De nos jours, les choses sont beaucoup plus changeantes, notre vie se construit de projets en projets, on se met de plus en plus à dire : ” Je vais travailler cela, et puis après je développerai telle chose, je vais même peut-être complètement me recycler “.

Au niveau du couple, cela devient aussi analogue, on sait de mieux en mieux que ce n’est pas avec le premier conjoint que ça va marcher.

Seulement, à chaque fin de cycle, à chaque mort, il convient de faire le bilan, sinon le nouveau projet n’est qu’une variante du précédent, qui ne nous permet pas de progresser, sauf si l’on se questionne !

C’est ainsi que nombre de personnes se demandent : ” Pourquoi je tombe toujours sur le même mec / sur la même nana ? ”

Une invitation nous est donc adressée à chaque projet que nous menons, à chaque cycle que nous vivons, une invitation à nous poser la question suivante :

Qu’est-ce que je travaille en termes de conscience à travers ce projet ?

Je peux me poser les questions suivantes :

À travers mon job qu’est-ce qui se travaille ? À travers mon couple qu’est-ce qui se travaille ? Dans mes loisirs qu’est-ce qui se travaille ?

À chaque instant de ma vie, il y a différentes choses qui se travaillent, différents cycles sont en jeu, qui ne sont pas tous dans la même phase :

Par exemple, question boulot j’ai l’impression que je suis en fin de cycle. En revanche, en même temps je sens que je suis en début de cycle par rapport à une relation.

Dire ” J’arrête telle chose, je pars, je déménage, je passe à autre chose, je change de …”, c’est dans chaque cas traverser une mort, et décider moi-même que je vais mourir.

Prenons le cas d’un départ pour vivre à l’étranger : je pars pour m’installer en Australie.

Je dis au revoir aux gens, ils me disent : ” Bon ben écoute, bonne vie là-bas ! “, ils sont contents pour moi… et pourtant c’est comme si je mourais. La plupart d’entre eux ne me reverront jamais.

Et pourquoi est-ce que généralement on ne pleure pas dans ces situations ? Parce qu’on n’a pas l’impression qu’on meurt, on a simplement l’impression qu’on passe à autre chose et que c’est réversible : on considère qu’on pourra toujours se revoir.

Mais il n’est pas judicieux de se rassurer en se disant que c’est réversible, parce que revenir en arrière, ce serait aller vers quelque chose qui n’avait plus de raison d’être, quelque chose qui relève de la non-vie.

On doit apprendre à dire Stop, c’est fini, on arrête, mission accomplie.

Apprendre à déceler qu’une mission est terminée

Ne pas s’éterniser dans une conversation au téléphone, ne pas s’éterniser à discuter avec quelqu’un dans la rue… toutes ces occasions de dire ” Stop, je pars “, sont autant d’occasions d’apprendre à déceler qu’une mission est terminée, aussi petite soit-elle.

Plus on pratiquera cela dans notre quotidien, plus il nous sera facile, lorsque notre mission principale sera achevée, de dire : ” Bon, ça y est, j’ai terminé, je meurs, je pars pour l’au-delà “.

Et la mort des autres ?

La mort de mon conjoint…

Celle de mes enfants… Si jamais cela arrivait, ce serait épouvantable ! J’ai beau m’entraîner à voir la fin de mes missions, ce serait quand même extrêmement dur…

Oui, certainement, c’est pour cela qu’apprivoiser la mort va nous demander un vrai travail en profondeur.

Et ce travail va consister à entrer dans la vie de l’âme, la vie de notre être essentiel, et pour cela nous arrêter, faire des pauses, méditer, pour être attentifs à ce qui vit en nous au-delà des formes.

Entrer dans la vie de l’âme

Quelle est ma mission fondamentale ?

Il faut déjà être bien entraîné à la méditation pour pouvoir dire : ” Je crois que ma mission fondamentale sur cette terre, c’est… “

Pour la plupart d’entre nous, c’est fort difficile, même si cela se précise avec l’âge, mais en tout cas l’invitation est d’être à l’écoute de la Vie qui se déploie en nous à travers toutes nos activités, sans se laisser récupérer par ces activités, par les apparences, par les formes.

Certains affirment qu’ils sont bien conscients des cycles, de ces morts et naissances en eux :

” Ah ben moi, je suis tout le temps dans les cycles, aucune difficulté, j’ai changé de métier dix fois, j’ai quarante ans et j’ai déjà déménagé vingt fois, j’ai changé de couple plein de fois, je suis complètement dans la vie… “

Mais vivre des changements incessants, ce n’est pas être dans la Vie et dans les cycles, c’est être dans un activisme qui s’empare de tout ce qui est nouveau, c’est être dans la dispersion, ce qui advient précisément parce qu’on ignore notre nature fondamentale.

Sentir profondément quelle est notre nature essentielle et notre mission fondamentale va produire une stimulation de toutes les formes de vie autour de nous, et va parallèlement éliminer toutes les vieilles formes qui n’ont plus lieu d’être.

Être dans la Vie va nous détacher de tous nos attachements, et ils sont fort nombreux : on est attaché à notre maison, on est attaché à notre foyer, à nos amis, à nos habitudes…

Et l’attachement affectif est bien sûr ce qui nous fait souffrir lors de la mort de l’autre.

Il va s’agir d’aimer sans attachement, et d’abord de s’y entraîner sur de petites choses.

Aimer sans attachement et cultiver l’impersonnalité

Je dois considérer que chaque chose peut mourir à tout instant, parce que chaque chose a son propre cycle, dont je n’ai pas connaissance.

Mon animal domestique a son propre cycle, mon enfant a son propre cycle.

Si je m’attache à une chose, à mon chien, à mon enfant, à mon conjoint, c’est que j’essaie de relier son cycle à mon propre cycle, ce qui augmente mon identification à ma personnalité.

Nous avons des choses à vivre ensemble, à travailler ensemble, mais chacun a son propre cycle.

L’invitation est d’écouter le cycle de l’autre, son projet, son processus.

Est-ce que je connais le projet de vie de mon époux(se) ? Est-ce que je sais pourquoi il s’est incarné ?

Il est important que je me pose la question, pour moi-même, pour mon conjoint, et pour toutes les personnes avec lesquelles je suis en relation.

Et il est important aussi que je m’interroge sur ce qui se joue dans la relation entre deux personnes : est-ce que les cycles des deux personnes se rencontrent ou se phagocytent ?

Est-ce que, entre les deux personnes, un nouveau cycle et une création nouvelle se mettent en place ?

On peut élargir cela à un groupe, à une nation, à une société, et comprendre alors que ce qui se passe n’est pas relié à telle ou telle personne, à telle ou telle forme. C’est un chemin vers l’impersonnalité, un chemin de développement impersonnel.

Ce qui se déploie peut se vivre puis s’arrêter et laisser apparaître autre chose, et c’est l’occasion de se détacher de ce qui finit. Ainsi, la mort passe totalement inaperçue.

Impersonnalité, écoute sans attente, sans exigence, détachement s’obtiennent peu à peu en s’accordant à notre nature essentielle d’âme.


Merci à Patrice & Frédérique Brasseur, cet article s’inspirant très largement d’une conférence donnée par eux en mars 2014 dans le cadre de la psychosophie.

Pour en savoir plus sur la psychosophie, sagesse de l’âme et rencontre de la psychologie, de la philosophie et de la spiritualité, je vous invite aussi :


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